13 septembre 2015 7 13 /09 /septembre /2015 19:20

 Aux sombres héros de l'amer

Qui ont su traverser les océans du vide
A la mémoire de nos frères
Dont les sanglots si longs faisaient couler l'acide
Always lost in the sea
Always lost in the sea

 

Comment vous dire...

Cette rengaine de Noir désir résonne en boucle dans mon crâne depuis mon réveil à Douarnenez. J'étais tout d'abord content de me réveiller vendredi matin dans mon camion, toujours affublé des autocollants de «TI'PUNCH» et du «Pôle Atlantique 6.50 de la Rochelle». Depuis quatre ans, ils décorent sa carrosserie cabossée.

Ils me rappellent la fable du petit-plombier «Thierry les bons tuyaux» le régatier virtuel qui voulait prendre la mer en vrai pour une mini-transat.

Content d'être dans mon camion donc car après une telle soirée arrosée comme celle de la veille, il m'arrive parfois que je puisse me réveiller un peu n'importe où.

En sortant du camion, je tombais devant le «Banana -boat» devant le port de plaisance du port Rhu et le fil de la soirée m'est revenu.

Mon camion était arrivé là conduit par Marine la compagne d'un ministe rochelais en partance avec à son bord un équipage d'anciens ministes arrivés au Port Tréboul sur un bateau de légende.

Comment ont-ils fait pour regagner leur bateau respectif ? Je l'ignore ou ne me le remémore.

Je me souviens maintenant d'avoir croiser sur les quais un jeune marin-pêcheur, son pote mécanicien chez Ford et leur troisième pote noctambule et moins causant. On a converser injecteurs, chaluts, bague de fiançailles sous le regard distant et protecteur du colosse patron du bar.

Le bar c'est le « banana-boat » comme son nom ne l'indique pas forcément.

Puis une voiture de la police locale est venue faire sa ronde, éparpillant notre petite bande d'égrillards.

Tout part toujours dans les flots
Au fond des nuits sereines
Ne vois-tu rien venir ?
Les naufragés et leurs peines qui jetaient l'encre ici
Et arrêtaient d'écrire...
Always lost in the sea
Always lost in the sea

L'écriture m'avait fuit.

Depuis le précédent chapitre qui date maintenant et annonçait «la bérézina», combien d'ébauches de textes inaboutis ?

L'écriture est partie comme elle avait étrangement surgit comme une fontaine magique qui suintait au bout de mes doigts.

Ecrire c'était juste au début pour vous raconter comment j'allais la faire ma mini-transat.

Et pourtant comme un naïf dirait Pépo, j'y ai cru au fil des promesses et des espoirs déçus. J'ai eu des hauts, j'ai eu des bas et je vous les ai confié sans devoir de réserve.

Revenons les quelques hauts :

- Janvier 2012 et le début de ma saison au Pôle mini avec le bateau-cadeau d'Yves DUPASQUIER et l'espoir d'un partenariat avec virtual regatta : le jeu où j'avais plongé comme un vieux geek depuis le Vendée globe 2008 en m'y faisant d'innombrables amis régatiers-virtuels.

- Décembre 2013, après «ma victoire» dans la 19ème édition de la mini-transat virtuel et mon accueil sur le podium du Salon Nautic parisien en compagnie de Benoît MARIE le vrai vainqueur de la vrai mini. Il me revient les mots de Philippe GUIGNE (le patron de VIrtual-Regatta) : « on va tout faire pour t'aider» disait-il en me remettant mon kit «mini-transat 2013 (comprenant un beau sweet «mini-transat», une sacoche avec mes droits d'inscription d'un montant de 1400 euros). Puis plus rien ou si peu. Le sweat je viens de le donner à Jean SAUCET mon ex-entraîneur du Pôle pour qu'il puisse l'arboré à Douarnenez au départ de cette 20ème édition de la mini-transat. Moi il me sert à rien et jamais je n'aurai oser le porter sans prendre le départ.

- Le lancement de la souscription pour l'achat du bateau d'Oliver CUSIN, l'ancien «Bon pied, bon oeil» de mon amis-référent Richard MERIGEAUX. Une campagne de crowdfonding pour rien. Depuis le mini 260 est entre deux bonnes mains et de retour dans son port d'attache de La Rochelle, sous ces nouvelles couleurs bleutées. A chaque fois que je passe au port des Minimes le voir sur le nouveau quai n°2 désormais dédiés aux minis, j'ai comme un pincement aux tripes.

- Décembre 2014,après la parution d'un article de six pages dans le magazine Voiles et Voiliers. Un lecteur de Guyane à sa lecture m'avait contacter pour fiancer l'achat d'un bateau que je lui emmènerais ensuite après ma mini-transat 2017. Et depuis le mois d'avril et de multiples échanges de projet validé par mon association Notre Transat : silence radio.

Il me reste donc la radio, ma passion de la mer et des marins et mes rêves : faire chaque semaine depuis près de 3 ans mon émission continue d'entretenir une lueur d'espoir.

 

Mais reprenons le récit du lendemain de la dernière émission de radio Notre transat :

Le «banana-boat» était étrangement désert et sur le point de fermer quand nous y sommes parvenus mais on pouvait l'imaginer grouillant de marins-ministes lors d'une soirée d'avant course où chacun laisse échapper son inquiétude et ses espoirs avant l'imminent départ pour sa transatlantique en solitaire sur son petit esquif.

Plus tôt c'était donc au pied d'un bateau d'une toute autre envergure que nous nous trouvions à déguster sur le ponton un Ti'punch concocté par Thierry, mon équipier de RADIOCOLLEGE. KVIII, Wilfrid, Richard et Lauri venaient d'apponter à TREBOUL à bord de l'ancien bateau de Malinovski. L'ancien KRITER VIII sera un des bateaux accompagnateurs de la mini-transat. Pour info il reste des places (payantes) à bord.

De cette soirée à la terrasse du Banana-boat, j'en ai bu chaque parole. Impossible de vous faire partager le plaisir d'être là en compagnie d'ex ou de futurs ministes qui racontent.


Ami, qu'on crève d'une absence

Ou qu'on crève un abcès
C'est le poison qui coule
Certains nageaient sous les lignes de flottaison intimes
A l'intérieur des foules.
Aux sombres héros de l'amer
Qui ont su traverser les océans du vide
A la mémoire de nos frères
Dont les sanglots si longs faisaient couler l'acide...

Always lost in the sea
Always lost in the sea


Dès le matin, la journée s'annonçait radieuse.

On a beau dire, DOUARNENEZ,bercé dans la lumière orange d'un levé du soleil, c'est un endroit magnifique.

On s'y perd un peu en essayant de suivre la côte, puis la Rhu pour aller d'un port à l'autre. Après une nuit en camping sur les sommets de TREBOUL, nous étions à pied d'oeuvre dès le matin sur les quais du Port-musée pour improviser notre émission spéciale « Départ de la 20ème mini-transat ».

Au quai du port-musée 72 minis ajouaient leur touches joyeuses et colorées à un décor déjà somptueux. Quelques skippers émergeaient de leur minuscule coque en se réchauffant au contact d'une tasse de café fumante pendant que déjà les bénévoles de l'organisation s'affairaient à finir le montage du village de la course.

Tout fut simple alors.

Direction le musée son espace presse, Cécile nous trouva rapidement l'endroit idéal pour installé notre studio. Gwendal nous assura de la présence de Bertrand le président de l'organisation pour le lancement de l'émission. Renaud qui passait par là accepta illico de ce joindre au plateau pour représenter la classe mini qu'il préside.

Puis nous avons eu la chance de nous glisser dans la salle de conférence pour assister au briefing sécurité des coureurs. Denis le directeur de la course, y officiait en compagnie des pilotes des avions et des hélicos du CROSS pour distiller à l'ensemble des coureurs les ultimes consignes de sécurité en cas de naufrage en mer. Entendre alors les différentes modalités pour grimper à bord d'un cargo dans une mer démontée fait prendre à chacun la mesure du challenge. Entendre dans cet amphithéatre la voix de Ian qui fait remarquer qu'il ne se serait jamais vu quitter son navire pour monter sur son radeau de survie afin de faciliter la manouevre donne la chair de poule. Lui qui en 2013, a vécu une situation similaire et qui repart cette année sur un tout nouveau OFCET avec un statut de favori.

La mini-transat ce n'est pas toujours, ce n'est jamais la croisière s'amuse.

Puis se retrouver dans le hall à tenter de convaincre Denis de nous rejoindre pour le lancement de l'émission. Avec Denis, j'ai un souvenir rigolo lors d'une ancienne AG de la classe mini à DOURNENEZ. Pour rien au monde je vous la raconterai, demander donc à David un ancien ministe rochelais désormais résident à DZ : il était là aussi. Merci à Joël le jaugeur de la classe d'avoir jouer les intermédiaires : Denis sera présent.

Dans le hall il y avait aussi le sourire d'Amandine.

Déjà midi. On se joint à la table du seul ministe aytrésien de la course : Pierre-Marie et sa compagne. Pierre-Marie c'est la voile et son chantier les 3 cap en sursis à Marans. Sa compagne elle, attend un petit ange.


 

Puis nous installons notre studio, devant les quais au «Yatch Club Longueteau», ce qui n'est pas pour déplaire à Thierry. Pendant qu'il procède aux essais de liaison avec La rochelle, et son collègue de RADIOCOLLEGE Stéphane resté dans les studios du collège d'Aytré, je pars arpenter les pontons à la recherche de candidats au micro.

Combien de visages me sont familiers ? Une petite dizaine dont la bande des rochelais bien sûr. Ils sont cependant tous déjà affairés sur leur bateau : entre contrôles de sécurité, stickage des autocollants des sponsors de dernières minutes, dernières couches de peinture des safrans, ou bien encore grimpintes au mat pour d'ultimes retouches.

Ce qu'il y a de bien c'est qu'il forme une famille joviale et accueillante. Ils acceptent d'emblée de participer. Mais une émission qu'avec des ministes rochelais n'aurait pas d'allure (sans préjuger de leur performance !). Il me faut aussi trouver et convaincre des favoris de la course à participer. Et là faut se tourner vers la bande des Lorientais. Grâce à Chantale, la «mère poule » de l'ensemble des ministes, je peux les contacter par SMS. Et tous acceptent aussi de venir.

Déjà 18h, le générique de l'émission est lancé sur les ondes, c'est parti, j'improvise avec les invités qui se succèdent aux micros. Bertrand NARDIN, le président de DOUARNENEZ COURSE, un ancien rochelais lance avec sa bonhomie naturelle l'émission. Puis c'est à Denis HOREAU : non zut Denis HUGUES, mais pourquoi donc les directeurs de course de la Mini et du Vendée globe ont-ils le même prénom ?,

Ensuite c'est Renaud MARY, le Président de la classe mini. Un premier plateau qui a de la gueule. Déjà la première pause musicale, et je courre m'assurer que les ministes sont dans le secteur.

Deuxième plateau : les favoris.

Davy BAUDARD-855, Axel TREHIN-716, Ludovic MECHIN-667 (qui repart sur le bateau de Benoît MARIE le dernier vainqueur de l'édition précédente). Aura-t-on un remake ? Un «vieux» proto classique de Marc LOMBARD coiffera-il sur le poteau le grandissime favori qui repart sur un nouveau magnum ?

Re-musique, nouveau plateau de ministes avec Julien PULVE-880, Sébastien PEBELIER-660, Quentin WLAMYNK-728, et Jean-Baptiste DARAMY-814. Là c'est que des rochelais. Les trois premiers courent avec des bateaux de série : un flambant neuf OFCET 6.50, un bien moins récent TIP-TOP et un vieux ZERO. Dans la course en série : les bateaux ne sont pas des monotypes et bien évidement les plus récents sont plus rapides mais les plus anciens donnent leur chance aux skippers moins fortunés ou sponsorisés de participer. Rappelons que le projet de Julien est 100% rochelais : avec un bateau performant d'un chantier rochelais PREPA-NAUTIC, un sponsor NOVINTIS rochelais et un skipper du pays.

Re-musique, nouveau plateau de ministes avec Pierre-Marie BAZIN-709, Maxime EVEILLARD-614, Vincent GRISON-679 et Luke BERRY-753. Là encore que des «élèves du Pôle rochelais» qui courent tous en protos. Pour mémoire on retrouve les anciens bateau d'Arthur LEOPOL-LEGER (abandon en 2013 après être tombé de son bateau sans pouvoir y remonter dans la tempête ai ayant du se résoudre à faire volontairement tomber son mat), de Franck COLIN (une figure du plateau nautique) et de Louis SEGRE (9ème en 2013).

Voilà c'est déjà fini. On remballe. Pourtant on n'a fait qu'effleurer le sujet.

Aux sombres héros de l'amer
Qui ont su traverser les océans du vide
A la mémoire de nos frères
Dont les sanglots si longs faisaient couler l'acide
Always lost in the sea
Always lost in the sea


Aux beaux héros de la mer,

Qui vont traverser leur océan sous speed

A la mémoire de leurs frères

qui resteront à quai suivre leur exploit, avides

Always fun in the sea

Always fun in the sea

Je ne sais si un jour je serai parmi ces héros.

Héros n'est pas le terme tant il n'est pas question de gloire ou de gloriole dans cette histoire. Il est juste question d'aller au bout de son rêve. Au du moins d'y essayer avec ténacité tout en ayant pleine conscience de ses faiblesses. Mais en gardant toujours la passion chevillée au coeur.

Cette quatre dernières années j'ai certes échoué de récifs en désillusions, mais je me suis trouvé une nouvelle famille. Une grande famille de marins qui me nourrit de leurs passions et de leurs aventures.

Prochaine objectif 2017, toujours une page blanche à remplir pour avoir enfin la chance de prendre le départ et déjà en retard puisque les entraînements avec la nouvelle promo vient de reprendre à La Rochelle.

Mais à force de côtoyer ces ministes jeunes ou moins jeunes qui réussissent à prendre le large, je finirai bien par trouver un moyen de me joindre à eux.

Aux beaux sponsors de la mer,

Qui veulent partager une aventure torride

A la mémoire de leurs pairs

qui voudront s'associer à un exploit lucide

Always believe in the sea

Always believe in the sea


A la radio, j'entends que MERKEL a décidé de fermer les frontières de l'Allemagne aux réfugiés.

J'aime pas.

Comme après Charlie, l'embellie aura été de courte durée.

J'aime pas les frontières.

C'est peut-être pourquoi j'aime bien les marins : ces hommes plus libres qui en mer s'en affranchissent. Mais la première frontière que l'on se doit d'abolir : c'est peut être celle qui s'érige entre nos rêves et nos réalités.

 

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Published by notretransat650.fr - dans Mon journal de bord
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